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Les prix relevés par les associations de consommateurs situent le Bio entre 20 et 30 % plus cher en magasin. Les ménages qui font attention à leur budget ne sont pas les premiers acheteurs de produits Bio. Certains n’en consomment jamais.
L’Agence Bio signale que 4 français sur 10 mange Bio au moins une fois par mois, 23 % une fois par semaine et 7% tous les jours.
On est encore loin de permettre aux 65 millions de Français de manger Bio à tous les repas. De toute façon, les fermes estampillées Bio ne sont environ que 14 mille soit moins de 2% des exploitations agricoles. Il serait illusoire de croire que l’on peut passer au tout Bio du jour au lendemain, ni même dans un avenir proche.
C’est évidement le marché qui dicte sa loi à la production, et nos consommations ne vont pas en diminuant. En nous vendant des produits toujours meilleur marché, les grands distributeurs nous coupent peu à peu de nos moyens d’approvisionnement traditionnels sans remplacer pour autant la qualité des produits.
Il est peut-être des pistes qui permettent de manger mieux, de manger moins et au final de manger moins cher.
Il est évident que l’on ne mange plus comme il y a 30 ans. La Grande Bouffe c’est fini, il n’y a qu’à comparer les banquets de mariage d’aujourd’hui aux tablées d’antan. Et apparemment l’on vit plus vieux et en meilleure santé.
De même, le fait de manger de la viande tous les jours semble passer de mode auprès des Français. Le pouvoir d’achat étant en forte baisse et la viande restant un luxe, les consommateurs peuvent choisir entre des biftecks bon marché aux qualités douteuses ou de vraies bavettes de boucherie mais moins souvent.
Le bilan santé ne fait aucun doute : les viandes les moins chères sont produites à la chaine sans grand intérêt nutritif voire même risquant de s’accompagner de toxines dues au stress de l’animal, à ses conditions de vie et d’abatage. Tous les nutritionnistes conseillent de baisser la consommation carnée et, avec un budget moindre, de s’offrir du » bon » une à deux fois par semaine. Au supermarché vous empilez les barquettes polystyrènes, chez le boucher vous choisissez une seule mais belle tranche de viande coupée à la demande. Contrairement aux idées reçues, le passage en caisse sera moins douloureux dans la deuxième alternative.
Il en va se même pour les légumes. Les comparatifs de prix effectués entre carottes industrielles insipides et navets Bio savoureux donnent les premiers moins chers. Mais le supermarché ne cherche pas à vous vendre des légumes. Il espère que vous serez tenté par ses gammes de produits de plats cuisinés préparés qui vous font gagner tellement de temps ... au détriment de votre porte-monnaie.
En changeant ces habitudes inculquées par l’industrie alimentaire, en redécouvrant le plaisir de mitonner, il est possible d’augmenter son plaisir tout en baissant les dépenses.
Les pratiques culinaires traditionnelles de mères et grand-mères (peu de grand-pères hélas !) étaient bien plus économiques puisque utilisant des produits bruts.
Et bien sûr, respecter les saisons. Inutile de se ruer sur les premières fraises en Avril, les melons en Mai, le raisin en Juin, … Ces expériences d’impatience sont toujours décevantes. On s’aperçoit honteux, que l’on a payé bien cher un « machin » sans goût.
Si vous ne savez pas bien quels fruits et légumes poussent à quelle saison, ou si comme moi, vous vous demandez qu’est-ce qu’on va bien pouvoir manger en hiver, voici deux calendriers très bien faits. L’un sous forme de tableau pour les cuisiniers et cuisinières, l’autre plus pédagogique à destination des enfants. N’hésitez pas à l’imprimer et à le magnéter sur le frigo.
Il ne faut pas attendre de l’agriculture Bio qu’elle concurrence ni qu’elle remplace l’agriculture conventionnelle. Elles ne misent pas sur les mêmes tableaux, l’une créant de la quantité à bas coûts, l’autre de la qualité à taille humaine.
La clé pour manger moins cher se trouve dans une modification de nos habitudes de consommation, dans une prise en main de notre action quotidienne.
Il est tout à fait possible de réfréner un peu ses envies de consommation et de se centrer sur les besoins réels : manger mieux, manger les productions locales, respecter les saisons, veiller à sa santé et à celle de ses proches.