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Les Français aiment le Bio : une personne sur deux consomme des aliments issus de l’agriculture biologique. Mais quels bénéfices retire-t-on vraiment à manger Bio ?
Dans ce plébiscite de consommateur, vient tout d’abord l’idée que manger Bio c’est meilleur pour la santé. Pourtant certaines études mettent en doute cette évidence. L’Agence Alimentaire Britannique a publié un rapport qui constate que les produits Bio ne sont pas plus sains que ceux de l’agriculture conventionnelle.
Les adeptes du Bio crient à la supercherie : l’étude démontre que les taux de pesticides dans les légumes issus de l’agrochimie sont en dessous des limites inconsommables ... Ils sont donc consommables. Heureusement !!
La Fédération Nationale d’Agriculture Biologique fait remarquer qu’il faudrait mesurer l’impact-santé sur la durée. Des légumes ingérés tout au long d’une vie, même avec quelques traces seulement de pesticides, finissent par nuire à la santé. C’est l’absorption permanente et sur le long terme qui génère un effet toxique.
Jean-Marie Pelt, écrivain naturaliste et Président de l’Institut Européen de l’Ecologie précise : « L’effet cumulatif peut se révéler extrêmement néfaste. » Il maintient cette idée de la toxicité chronique, même s’il admet par ailleurs que les légumes ne peuvent être bio à 100% du fait de pollution possible dans les eaux et les sols. Mais c’est bien connu, seule la dose fait le poison.
Pour ce qui est de la qualité nutritionnelle, aucune des deux parties ne l’emporte. Les graines utilisées, la qualité des sols et la météo déterminent l’apport nutritif des légumes. Aucune agriculture ne maitrise ces facteurs plus qu’une autre.
A sol égal, les produits Bio ne sont pas plus riches en vitamines ou en minéraux. Les uns veillent à ne pas dégrader leur terre, les autres l’enrichissent.
Par contre pour le goût, il suffit d’en faire l’expérience. Même les yeux bandés, il y a peu de chance de confondre les deux méthodes de production.
Ce que personne ne remet en cause c’est l’impact sur l’environnement. Le mode de culture intensif à grand renfort de produits issus de l’industrie chimique est extrêmement nuisible aux sols.
Le simple fait des immenses parcelles en monoculture, parfois sans rotation, provoque un appauvrissement des sols très rapide. Du coup, engrais et produits phytosanitaires sont déversés en masse pour venir à la rescousse de la terre.
Mais avec le ruissellement des eaux pluviales que plus rien ne vient contrarier, beaucoup de ces produits se retrouvent directement dans les rivières. Autre problème dû au ruissellement, l’eau ne pénètre plus les sols et l’on doit pomper des quantités pharamineuses du liquide précieux dans les nappes. Cette eau est souillée en surface lorsqu’elle lessive les terres agricoles saturées en produits phytosanitaires et se rejette directement dans les fossés et les ruisseaux pour un cycle plus ou moins long.
Pourtant certains adeptes du Bio voudraient aller plus loin dans le respect de l’environnement : Certains critères tels que le mode de transport ou l’emballage ne sont pas intégrés au cahier des charges de l’agriculteur Bio. On peut ainsi
trouver en grandes-surfaces des produits bio hyper packagés et qui ont traversé toute l’Europe en camion.
Bio certes, mais pas forcément écolo !
Si le Label Bio est très exigeant sur tout ce qui touche à la production, l’esprit de cette agriculture renferme également un critère social.
Pour s’inscrire dans la démarche du manger Bio, il faut consommer local.
C’est au consommateur de ne pas se laisser berner et d’empêcher que ce reproduise le schéma des usines agricoles, avec ses champs à perte de vue et son exploitation ultra mécanisée.
Le producteur Bio se doit de rester proche, d’utiliser la main d’œuvre locale, et de rester respectueux de l’environnement, des animaux et des rythmes naturels.
On le comprend, le problème de l’essor de ce type d’agriculture va être la distribution.
Comment en effet délivrer aux consommateurs, et en particulier aux citadins, des produits naturels et de proximité ?