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Face à la technologie du secteur agrochimique, comment les agriculteurs aux méthodes traditionnelles peuvent-ils encore faire face ?
Cette question naïve révèle que le consommateur moyen s’est détaché des réalités du terrain : Il a confié son besoin vital de se nourrir à l’autorité d'une science agronomique située à mi-chemin entre laboratoire et « zone d’activité » agricole, loin de ses lieux de vie.
Pour lutter contre les parasites et les insectes ravageurs, l’agriculture biologique utilise diverses méthodes, combinées entre elles.
L’emploi d’insectes entomophages et sans doute le plus emblématique.
Il s’agit de ces insectes prédateurs qui tuent d’autres insectes, que ce soit pour s’en nourrir ou bien pour pondre à l’intérieur de leurs cadavres. On connaît bien les coccinelles utilisées pour la production des vignes, on connaît moins le second volet utilisant des parasitoïdes.
Ces insectes parasites ont de nombreux avantages en culture biologique : ils se déplacent et s’adaptent en fonction de leur gibier ! Ils sont autonomes et conduisent des chasses ciblées sur l’insecte ravageur à éliminer.
L’emploi d’insectes pour lutter contre les insectes est évidemment sans risque pour l’humain et sans danger pour l’environnement. Et si vous avez peur des petites bêtes, dites vous que autant d’oiseaux viendront bientôt s’en régaler et réguler ainsi le système. Oiseaux qui, avec l’emploi de pesticides et l’éradication totale des insectes, en seraient réduit à manger les semailles de l’agriculteur …
La différence fondamentale de philosophie entre agrochimie et culture biologique est bien là : d’un coté le foisonnement des formes de vie, de l’autre une monoculture aseptisée à grande échelle.
L’autre technique naturelle pour lutter contre les maladies et les insectes ravageurs consiste à organiser des cultures associées.
Il suffit de mélanger les types de cultures, qu’ils soient saisonniers ou pérennes (mêlés à de la sylviculture par exemple). Cela se pratique par des rangs alternés ou bien en mélange de variétés sur une même parcelle. Ce sont les dates de semis et de moissons qui déterminent l’organisation des cultures.
En plantant un rang sur deux, on limite les contaminations de plante à plante en cas de maladie. Mais surtout, une entraide naturelle se crée entre les végétaux, synergie bien connue des naturalistes et des agronomes.
Par exemple, l'association
de pois avec le blé ou l'orge permet à la céréale de bénéficier de l'apport d'azote de la légumineuse tandis que le blé fournit un effet barrière au pois vis-à-vis des contaminations.
On peut également citer l’alliance du haricotet du maïs, où la légumineuse fournit de l'azote au maïs tandis que la céréale sert de tuteurau haricot qui aura ainsi un rendement plus important.
Enfin certaines espèces de légumes mais aussi de fleurs ont un effet allélopathique, c'est-à-dire qu’elles empêchent naturellement la pousse des mauvaises herbes. La plante, habituée à se défendre, produit des acides et sucs qui lui évitent de se laisser envahir. Couplée à des semences alimentaires, elle évite l’emploi de pesticides.
Pour enrichir les sols, il n’est pas non plus inévitable de disperser des engrais artificiels qui risquent de se révéler nocifs à long terme pour les sols et les rivières.
Le compostage et le paillis permettent de restituer les nutriments prélevés au sol, de limiter les méfaits des intempéries, et d'entretenir le développement de l'humus.
Enfin, les purins permettent de tuer les insectes, adventices et parasites, et peuvent également être utilisés comme fertilisants.
Ces techniques ne sont pas nouvelles. En le redécouvrant, les agronomes d’aujourd’hui y appliquent les méthodes d’analyse moderne comme dans la permaculture.
Il s’agit d’un système d’efficacité et de partage maximal des ressources, basé non pas sur la transformation du milieu mais sur l’observation rigoureuse des interactions naturelles. Comment gérer au mieux ce qui pousse naturellement, transformer ses propres habitudes afin d’adapter les techniques de façon optimale. Une recherche qualité/efficacité, dont le but affiché est de concevoir et de planifier les cultures de façon écologiquement soutenable.